La philosophie au Centre Sèvres

Elle constitue un pôle d’excellence, avec la préparation de diplômes (licence, master, doctorat), une bibliothèque exceptionnellement riche, une revue de réputation internationale, les « Archives de philosophie »…

Tous les cours sont ouverts aux auditeurs.

Commencent encore au mois de mars :

– Bérénice Levet, Introduction à la philosophie

– Solange Gonzalez, « Les Principes de la philosophie » de Descartes

– Gildas Labey, Sens et portée de la notion de « postmodernité »

– Alain Cugno, La question de la vérité

De quelques exigences pour vivre en citoyen

– Se risquer à poser des gestes et des paroles :

Combien de silence sont des démissions, alors que des paroles sont à dire et des gestes à poser ! Certes, on ne peut pas se faire l’apôtre de toutes les causes ; ce serait insignifiant. Mais si toutes les causes m’indiffèrent toujours, si jamais je ne donne un peu de mon temps, de mon argent, un peu de moi-même, si jamais je n’exprime combien je suis blessé par le mal qui affecte l’autre et ne viens à ses côtés partager en quelque manière son combat – même très modestement -, c’est le signe qu’il y a urgence à réveiller ma conscience. La paralysie d’un membre est grave pour le corps social tout entier,car les démissions s’additionnent et se renforcent. Quand toute une société déserte son devoir, la logique de mort fait des ravages.

– Passer par des médiations longues :

En s’inscrivant dans le cadre des associations, des syndicats, des partis, des Églises aussi, l’action opère dans la durée. Elle doit accepter de ne pas satisfaire immédiatement tous ses objectifs pour les réaliser de manière plus solide et plus durable.

Retour sur le 11 janvier 2015 – Un peuple qui dit « Non », un moment de grâce…

La marche du dimanche 11 janvier restera un événement exceptionnel dans la mémoire collective. De la capitale à tant de villes et de villages, ce n’était même plus d’abord de la défense d’un journal ou d’une communauté qu’il s’agissait. Ce sont des citoyens, qui ont voulu se lever, indépendamment de toute organisation particulière.
De République à Nation, dans les rues de Paris, ils se sont émus de se voir les uns les autres, de se voir si nombreux, si nombreux à refuser la violence, si nombreux à vouloir la paix et le dialogue. Ils ont marché dans le silence, réfléchissant à la gravité de la situation et aux responsabilités qui étaient celles de tous ; par vagues successives, ils ont applaudi : que pouvaient-ils applaudir sinon l’heureux désir de vivre ensemble ? Ils se réjouissaient d’une conscience citoyenne si largement partagée.
Dans une créativité inouïe, ils exprimaient par des textes, des dessins, des gestes ce qu’il y a de grand dans l’esprit, ce qu’il y a de grand dans l’homme, cette capacité à dire « Non », non à son inhumanité – le philosophe Eric Weil l’écrivait déjà : « L’homme est cet être curieux, et à notre connaissance unique, qui peut dire non à l’insensé ». Demain, ils pourront retomber dans la division, bien sûr. Mais ce jour-là il leur a été donné de vivre un temps de grâce – comme une expérience spirituelle. Et cela ne meurt pas.
Henri Laux sj

Président du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris

Sur notre actualité

Nous sommes tous bouleversés par l’attentat qui a visé des journalistes dans l’exercice de leur métier et qui a coûté la vie à tant de personnes.

En ce moment de l’année où nous nous présentons des vœux de paix, la violence nous est ainsi rappelée dans toute son horreur. Alors qu’elle existe partout dans le monde, elle nous est devenue plus proche ; elle nous atteint ; elle créée en nous des obligations.

A travers cet événement, nous sommes alertés à nouveau sur les enjeux de notre travail dans le domaine de la réflexion éthique, politique, théologique, dans ce qui touche à la rencontre des cultures, des croyances, au respect de l’autre. Nous voyons combien les tâches de réflexion qui sont les nôtres se situent dans les urgences de nos sociétés. Elles doivent être une contribution, modeste mais réelle, à ce travail de la pensée, à cette œuvre d’éducation qui partout a vocation à faire grandir l’humanité.

Puisse chacun de nous, aujourd’hui, se sentir appelé toujours davantage à faire grandir le dialogue, le respect et la paix entre les personnes, entre les peuples.

Henri Laux sj

Président du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris

Le 8 janvier 2015

Bonne année 2015

« La véritable nouveauté est celle que Dieu lui-même veut produire de façon mystérieuse, celle qu’il inspire, celle qu’il provoque, celle qu’il oriente et accompagne de mille manières. »

Le Pape François, « La joie de l’Evangile »

Toute l’équipe du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris est heureuse de vous souhaiter une très heureuse nouvelle année…
Que les temps qui viennent donnent à chacun et à la terre entière de faire vivre toujours davantage la paix.

Un enfant nous est né

Le miracle qui sauve le monde, le domaine des affaires humaines, de la ruine normale, « naturelle », c’est finalement le fait de la natalité, dans lequel s’enracine ontologiquement la faculté d’agir. En d’autres termes : c’est la naissance d’hommes nouveaux, le fait qu’ils commencent à nouveau l’action dont ils sont capables par droit de naissance. Seule l’expérience totale de cette capacité peut octroyer aux affaires humaines la foi et l’espérance, ces deux caractéristiques essentielles de l’existence que l’antiquité grecque a complètement méconnues, écartant la foi jurée où elle voyait une vertu fort rare et négligeable, et rangeant l’espérance au nombre des illusions pernicieuses de la boîte de Pandore. C’est cette espérance et cette foi dans le monde qui ont trouvé sans doute leur expression la plus succincte, la plus glorieuse dans la petite phrase des Evangiles annonçant leur « bonne nouvelle » : « Un enfant nous est né ».
Hannah Arendt, dernières lignes de « La condition de l’homme moderne ».