Avec le Pape François, la Joie de l’Évangile

La joie de l’Évangile : n’est-ce pas en effet cela qui se donne à voir de façon toute spéciale dans les paroles et les gestes, dans le sourire aussi du Pape François ?

Après un an de pontificat, l’heure est à l’action de grâces pour le visage d’une Eglise toujours plus invitée à dire la Bonté de Dieu pour chacun, sans exception.

Que ce grand souffle d’Esprit rejoigne l’humanité tout entière dans la diversité de ses situations, de ses richesses et de ses pauvretés.

Comme on peut le comprendre, les jésuites se réjouissent tout particulièrement de cet anniversaire ! Ils se sentent d’autant plus appelés à vivre et à témoigner en tout lieu de la foi en un Seigneur qui désire sans cesse faire naître et renaître à la Vie véritable.

Henri Laux, sj

Président du Centre Sèvres

Les chrétiens dans le débat public… Un nouveau livre du Centre Sèvres

Les chrétiens sont et doivent être présents dans le débat public ; c’est une urgence, une exigence de leur foi. La foi est morte quand elle n’inspire pas des actes concrets dans la société.

Cette présence passe par bien des moyens : il y a les protestations de la rue, sans doute, mais aussi, et de manière moins spectaculaire ou plus durable, cette action qui consiste à accueillir les exclus, les migrants, les malades, les plus vulnérables… Et puis il y a toutes les tâches de la réflexion, tâches d’intelligence des situations et de discernement, spirituel en même temps que moral. Or les problèmes ne sont pas simples ; on sait ou on finit toujours par apprendre qu’il n’existe guère de solution unique qui s’imposerait sans discussion, indépendamment des situations singulières. Tout n’est pas blanc ou noir, et c’est cela qui permet de réfléchir, de rechercher, et probablement aussi de prier pour recevoir quelque lumière.

L’animalité humaine, une éducation…

L’animalité de l’être humain est plurielle et marquée par le « davantage » dans ses potentialités. Mais beaucoup plus que les autres animaux, l’homme a besoin de temps pour grandir et advenir à une humanité de personne créatrice et responsable. […]

Le chemin de développement psychique est marqué de bout en bout par l’animalité et par la matière de s’y rapporter. L’angoisse, mais aussi les émotions et la sympathie sont empreintes d’animalité. Le défi pour toute éducation humaine est d’accueillir positivement cet enracinement animal et en même temps de l’orienter vers le davantage humain, à savoir son ultrasocialité et sa multiplicité de perspectives sur le monde. A cet effet, le développement de l’empathie, qui mobilise les émotions et l’imagination, en vue d’être dans une juste relation d’écoute et d’aide d’autrui, est absolument crucial. […]

Quelques idées pour questionner les discours sur le genre…

Avec certaines écoles philosophiques comme la phénoménologie, l’Église peut encore questionner le type de rapport au corps que proposent les différents courants du gender. […] Si le corps n’est pas simplement une matière, ni un instrument d’action et de jouissance au service d’un esprit tout-puissant, mais le mode d’expression et de signification d’une personne reliée à d’autres personnes dans le monde, alors tous les actes du corps et particulièrement les actes sexuels sont des actes signifiants de relation et, au mieux, de donation entre les personnes. Héritier de la phénoménologie, Jean-Paul II a posé les jalons d’une théologie du corps qui resterait à traduire philosophiquement dans le débat public.